Patricia Noblet

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« Il y a des tableaux où il n’y a rien, et pourtant tout y est. » Camille Corot

 

Qu’on pense à Turner, pour la grâce - pour le ciel - ou a certains Twombly, pour la griffure, qu’on pense à la lumière des cavernes ornées, à des feux antiques, ou à la morsure d’un bras de Loire qui gagne sur le sable, on est toujours loin du compte.

 

Car il s’agit là d’une écriture, d’un langage qui se forge, infiniment soupesé et libre, d’une grammaire des mouvements et des tremblements, dont 1’ épicentre serait la Nature.

 

La Nature - je n’ose même pas dire le motif - Patricia Noblet y revient comme il faut en revenir toujours au modèle, en l’aquarellant sur des dizaines de carnets, déclinés en autant de dessins, qui ont le souffle et la précision elliptique des idéogrammes chinois.

 

J’ai vu chez elle de ses dessins de Méditerranée, des dessins bleus, déjà composés, saisis à partir d’une barque, et qu’elle compulse comme une écolière. «Je les regarde, je les apprends par coeur - me dit-elle - comme si j’avais peur d’oublier ce que c’est.

 

C’est là une confession d’enfant.

 

Patricia Noblet possède l’étrange fraîcheur d’une artiste qui ne sait pas pourquoi elle peint, et qui cherche, avec la même ascèse depuis 35 ans, quelque chose entre la disparition d’un souvenir et la poursuite bouleversée d’une partition du vivant.

 

Quelque chose en somme d’extrêmement périlleux, de constamment habité par une exorbitante quête de simplicité, mais qu’elle envisage avec une grande liberté de ton.

 

C’est la son privilège. Et sa folie.

 

Il n’y a pas Ici de mélodrame qui se joue ou qui se dénoue. il n’y a pas de scène à se repasser la mire de la disparition de l’art.

 

C’est un travail de restitution dans lequel il y a, je crois, une grande jubilation, et aussi un risque Immense comme un rêve, à réconcilier la lumière de l’âme avec celle du matin.

 

Il y a la constance du jardinier et une discipline par essence joyeuse - comme la connaissance, et comme l’apprentissage - Il y a le meilleur d’une vie illuminée par la peinture.

 

Rémy Pastor, novembre 2005