Marie-Christine Schrijen

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Marie-Christine Schrijen, née en 1941 à Bruxelles, est une photographe française, d’origine hollandaise, qui vit dans le Gard. Fondatrice du laboratoire Vivaphot, elle a exercé des activités photographiques de type professionnel de 1970 à 2004 à Montpellier. Depuis 2004 elle se consacre exclusivement à la création artistique. Ses photographies argentiques en noir et blanc, tirées par ses soins, lui permettent d'obtenir des effets très personnels relevant du fantastique. L’interpicturalité présente dans ses travaux photographiques se décline au travers d’une approche duelle, tant au niveau de la série des paysages que de celle des têtes de pierre rongées par le temps qui passe. Elle réalise de nombreux livres d’artiste avec des écrivains comme Pierre-André Benoît, Michel Butor, Régine Detambel, Michaël Glück, Eugène Guillevic, René Pons, Gaston Puel, Bernard Teulon-Nouailles, etc. Elle a exposé en 2007 au Mur Foster, Carré d’art, à Nîmes.

 

 

 

Dans le cadre d’une photographie argentique, en noir et blanc, Marie Christine Schrijen présente une série de photographies dont la thématique générale tourne autour de la notion de « têtes rongées ». Il s’agit pour elle de travailler sur des sculptures d’ornementation en pierre, souvent anonymes, difficilement attribuables ou même reconnaissables, qui acquièrent paradoxalement un caractère dramatique et personnalisé grâce à leur lent processus de dégradation. La volontaire suppression des éléments anecdotiques ou utilitaires ainsi qu’un changement d’échelle altère la perception que nous en avons, et les conduisent ainsi à changer de statut. Elles glissent ostensiblement d’une photographie archéologique à une photographie contemporaine grâce à une interprétation personnelle obtenue grâce à des angles de vue non orthodoxes comme des contre-plongées.

 

Le thème du fantastique se retrouve également dans ces faces de pierre qui interrogent le passage du temps. Le tirage, longue opération manuelle, accentue certains traits et en fait disparaître d’autres. Il aplatit certains reliefs ou les accuse en une série d’opérations toutes orientées vers la révélation d’un caractère soit comique, soit tragique, en tout cas questionnant. Ce point de vue du photographe puise dans un fonds accumulé au cours des années et qui s’affine grâce à une recherche constante. Jean-Paul Martin, découvrant cette nouvelle série, avait évoqué le travail de gravure (de cartalégraphie pour être exact) de Picasso dans le livre d’artiste Les Transparents de René Char, publié par Pierre André Benoit en 1967. Une similitude semble se dessiner là entre des techniques différentes mais toujours dans cette volonté de s’inscrire pour elle dans une interpicturalité. On pourrait aussi évoquer le travail pictural d’Antonio Saura qui s’immisce aussi dans le champ référentiel de ses réalisations.

 

Christian SKIMAO

 

 

 

http://schrijen.blogspot.com/