Jean-Jacques Pigeon

peintre sculpteur

Contacts

Vit et travaille à TRELAZÉ dans le MAINE ET LOIRE 49

www.jjpigeon.com

Formation : 

 Ecole d’arts appliqués, Poitiers ;  

Agrégé et docteur en Sciences de l’art, Paris, Panthéon-Sorbonne 

 

principales expositions personnelles

 2012

Angers, Galerie des Îles Lointaines, Peintures secrètes (Eros effeuillages) 

2011 

Seoul (Corée du Sud), Space Inno Gallery, Rêves de Loire et Traits de bois

Saint-Marc La Lande (Deux-sèvres), Commanderie des Antonins, Effeuillages

La Gacilly, La Grée des Landes Eco-Hôtel Spa Yves Rocher, Cages pour oiseaux libres

2010 

Castelnau le Lez (Montpellier), Fondation du Pioch Pelat, « Végétal », peinture, du 4 au 25 septembre 

2009 

Montauban-Buzenol, Etalle, Centre d’art contemporain du Luxembourg belge, Belgique, Fauldes, du 4 juillet au 15 septembre

2008 

Tullins (Isère), Chapelle Notre-Dame des Grâces, Grands effeuillages, du 31 mai au 30 juin

Marcilhac sur Célé (Lot), Galerie La Promenade, Effeuillages, juillet-août

Trélazé (Maine et Loire), Médiathèque René Bazin, Peintures pour « Théâtralités de l’inutile », poèmes de Bernard Viel, du 3 au 29 octobre

 

Au fil des saisons, l'artiste interpellé par les mutations, végétales entre autres, de la nature tente une transcription littéralement musicale de ses perceptions…Une sorte d'enchantement fragile et sensitif… "Rimbaldien", pour ainsi dire.

H-M.M

 

 

 

 

In liniis ou les promesses de la ligne

 

« Ambire enim se ipsa debet extremitas et sic desinere, ut promettate alia post se ostentatque etiam quae occultat. » (Pline l’Ancien)*

 

 

Je me demande si l’essentiel de ce que je sais du monde, je le dois moins à ce savoir accumulé qu’aux racines de mon être ancrées dans une enfance passée au contact de la nature. De ces rapports entretenus avec le monde naturel, il reste des traces qui font le lit de ma recherche artistique, tel un continuum des expériences de l’enfance entrelacées des leçons de la culture dite savante.

Dans la lignée des travaux précédents dominés par le végétal et la verticalité, l’arbre et ses avatars sont naturellement venus s’inscrire. Le projet que je mène actuellement a comme visée la ligne arborescente.

L’anagramme de l’arbre, note Jacques Lacan, dans ses Ecrits, c’est la barre. Qu’elle soit d’appui ou de direction, la barre affirme sa rigidité alors que l’arbre demeure un végétal ligneux qui montre plus de souplesse que de raideur. À l’image de l’arbre, je poursuis un travail qui associe rigidité et flexibilité. Les linéaments du développement des branches s’émancipent dans une recherche qui est toujours in limine de la ligne.

On le sait, la ligne n’existe pas en soi dans la nature, Léonard de Vinci, et d’autres après lui, nous l’ont fait remarquer. De même dans la peinture, la ligne est ce qu’on ne voit pas en tant que telle : elle échappe au regard, elle disparaît au profit de la forme, elle n’est qu’un contour qui s’efface à nos yeux quand la figure apparaît. Que ce soit dans la nature ou dans l’art, la ligne aurait pour vocation d’être transparente. Et pourtant, entre apparition et disparition, n’est-elle pas ce qui permet de distinguer et de donner corps aux choses ? Manifester la présence de la ligne en la libérant de sa fonction de contour guide mon propos. Dans la jointure de deux espaces ou dans un tracé tout organique, je cherche l’émotion de la ligne. Ce qu’elle met en avant, ce qu’elle « pro-met », serait ma motivation.

Pour moi, la ligne est vagabonde. Entre vagabondage et dévergondage, j’aime errer sur et entre les lignes au gré des mouvements de la vie, de ma vie. La ligne est féconde, son trajet dans l’espace convoque le temps de faire et le temps de voir. Loin d’imiter la nature, elle cherche à « être-nature », elle promet d’être.

 

Jean-Jacques Pigeon, mai 2002

 

* "De fait la ligne de contour doit s’envelopper elle-même et finir de façon à laisser deviner autre chose derrière elle et à montrer ce qu’elle cache".