Jacques KAUFMANN

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Né en 1954 au Maroc

Vit et travaille en France et en Suisse

 

Professeur, responsable du département céramique, école d'Arts Appliqués de Vevey.

 

Dernières expositions personnelles

 

2005 : Fine Arts College Gallery, Shangaï university, Chine

2006 : Musée d'Art et Histoire, Neuchâtel, Suisse

Biennale du Design Off, Saint Etienne, Saint Chamond, France

2007 : Abbaye d'Arthous, France

"têtes flottantes"

Galerie HD NICK

 

Collections publiques (Musées)

 

Allemagne, Canada, Chine, Croatie, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Nouvelle-zélande , Portugal, Suisse.

 

Après une formation de céramiste à l'école des Arts Décoratifs de Genève (1974 -77), où il suit l’enseignement de Philippe Lambercy, Aline Favre et Florent Zeller, Jacques Kaufmann reprend deux ateliers à Genève avec Philippe Barde, de 1978 à 1984.

 

De 1984 à 1986, il travaille dans le cadre de la Coopération Technique Suisse au Rwanda comme chef du projet "Action céramique". Il s’agit là d’un fantastique champ d’exploration en grandeur réelle. Au-delà des échanges interculturels, d’un retour aux sources sur le plan de la technologie céramique, de la réflexion sur les possibilités et les limites dans les échanges Nord-Sud, il y découvre en tant qu’artiste une échelle de la terre inconnue pour lui qui devient un concept : le « paysage céramique ». Et aussi un matériau : la brique par centaines de milliers ; et enfin un esprit, la pauvreté des moyens.

Pendant deux ans de digestion de ce bouleversement culturel, de 86 à 88, il suit des séminaires d'anthropologie et d'économie politique à l'Institut universitaire d’études du développement à Genève, et une formation de "création d'entreprise" à l'Université de Neuchâtel.

1988 voit l'installation de son atelier personnel actuel en France, à Frangy, à proximité de Genève.

 

En 1994, il reprend la direction du Centre d'Arts Appliqués de Genève pendant 18 mois.

 

Depuis 1995, il enseigne à l'école d'Arts Appliqués de Vevey, dont la direction du département céramique lui a été confiée en 1996. Dans ce cadre, il considère que « les perspectives d'ouverture se trouvent dans les interfaces potentielles avec des pratiques aussi diverses que l'architecture et les problématiques de l'espace, le design et la question de la fonction et de l'identité de l’objet, la recherche technologique appliquée à la quête de nouveaux matériaux et langages, l’arthérapie, etc. » C'est à cette ouverture qu’il tente de préparer les étudiants, loin des images traditionnelles véhiculées par le métier de céramiste.

 

À partir de 1999, ses activités en Chine, plus particulièrement en collaboration avec des artisans, des entreprises industrielles, des universités et avec des créateurs dans le domaine de la céramique contemporaine de ce pays ont permis de créer un réseau d'échanges aboutissant à la réalisation d'expositions, en Europe comme en Chine. Parmi celles-ci, l'exposition "Beyond traditions", montrée à Canton et à Shanghai s'est construite par appropriation de certains aspects de la culture chinoise, en associant à un regard et une pratique d’artiste contemporain occidental, des savoirs faire traditionnels ou industriels chinois actuels, ainsi que certains aspects de l’histoire, connue ou modeste, de ce pays.

 

Depuis son "retour d'Afrique" en 1986, son intérêt pour des pratiques métisses n’a cessé de se développer, associant outils, matériaux, métiers et cultures "autres" à sa pratique de la terre. Ainsi, la relation terre - pierre lui a permis de découvrir la lumière qui est contenue dans la terre cuite à haute température, et qui est révélée, à travers l'utilisation des outils des tailleurs de pierre, par le polissage. Il en va de même dans l’expérimentation de la relation terre - verre, matériaux cousins, ainsi que dans la relation terre - métal, bois ou béton, et sans doute pour d'autres encore à venir. Ces explorations trouvent leur sens dans la mesure où elles permettent à Jacques Kaufmann d'approfondir les caractéristiques qui lui paraissent spécifiques dans le matériau terre, et dont l'éloignement apparent n'a comme but que de mieux révéler celui-ci, une manière d'emprunter ses méthodes à l'anthropologie, qui opère dans une prise de distance avec l'objet d'étude.

Le travail de la terre, quel qu’en soi l’objet, ne se conclut plus pour lui à la sortie du four, mais par la mise en espace ou en situation, comme territoire supplémentaire d’investigation. Ainsi, parallèlement aux recherches liées aux matériaux et aux processus de mise en forme, dont le cadre est l'atelier, Jacques Kaufmann réalise des travaux, éphémères ou pérennes, qui explorent la relation entre un lieu et un matériau, que ce soient des briques, des tuiles, des masses de terre crue ....

 

"La manière dont se génère la forme est un des questionnements de mon travail actuel. Une de mes hypothèses est de penser que toute énergie mise dans un matériau, de manière intuitive d'abord puis attentionnée et structurée au fur et à mesure de l'échange qui se produit avec celui-ci, est le principe producteur de l'œuvre. Pour cela, mes gestes sont simples et directs, et procèdent de ce que peut susciter le matériau lui-même. Faire que la forme s'invente comme expérience concrète d'une relation, c'est cela l'enjeu ! Je trouve passionnant, en partant des réalités objectives, en apparence sans valeur et sur la frange de l'inexistence, de parvenir à ouvrir un champ imaginaire à la terre ou à la brique, de sentir que je construis et me construis moi-même dans ce regard. Pour moi, l'imaginaire part du matériau, de ses qualités, et de son énergie poétique."

 

Extrait d'entretien avec Alain Macaire

Dialogues céramiques.

Musée d’Art Contemporain

Dunkerque 1997