Helga Stüber-Nicolas

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Née à Hanovre en Allemagne.

Vit et travaille à Montpellier

 

 

Elle utilise le crayon de couleur, mais elle ne s’adonne pas au coloriage. Elle se sert de la mine, bien sûr, mais aussi du bois, du vernis coloré qui le recouvre et des déchets rejetés par le taille-crayon. Le crayon n’est pas un outil d’écriture ou de dessin, ce n’est pas simplement non plus de la couleur à étendre sur du papier : c’est un matériau en soi, qui se façonne, se modèle et sculpte. Du reste, du tableau en léger relief jusqu’au volume en ronde-bosse, l’œuvre ici cède volontiers à la tentation de la troisième dimension. Ce sont des compositions fines, minutieuses, délicates. Il y a là d’imposants monochromes entièrement recouverts d’une couche de minuscules lamelles de mines, de somptueuses sphères construites en dentelles de copeaux de bois sorties du taille-crayon, des frises de crayons usés dressant leur restant de pointe comme des tuyaux d’orgue, des lignes d’infinitésimales brisures de mines sinuant sur le papier blanc à la manière d’une onde ;et encore des espèces de petits personnages gesticulant et en guenilles, taillés dans une mince pellicule composée de poudres de mines agglomérées avec de la colle. Les dégradés, le chromatisme fondu, les tons extrêmement denses confèrent une ambiance toute particulière à ces œuvres, qui postulent que de la couleur peut atteindre à la tangibilité de l’objet. Sur un registre léger, allègre, apparemment fantaisiste, Helga Stüber-Nicolas mène, en archéologue de son propre travail, une méditation en réalité empreinte de gravité sur la précarité des choses et l’inconsistance des traces que nous laissons.

 

Jean-Louis Roux