Claude Abad

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Sortant de chez soi le matin, on trouve le temps gris ou bleuté, né de toutes sortes de mélanges, une palette active et fraîche, et l’on se dit que c’est le beau et bon jour. Quelque chose dans l’air rend l’esprit, alerte et disponible aux mystères du monde comme à la compréhension des vérités les plus intimes qui nous y ont jeté.

Les œuvres récentes de Claude Abad procurent toutes ce même sentiment. Elles incitent à la marche, à une inconnue encore mais promise légèreté, pour soi et pour le monde qui va. Pour autant elles invitent aussi à trouver et mesurer son pas et son rythme, rythme qui est en fait celui du peintre. Non pas qu’il l’impose car la cadence de Claude est persuasive, et tout sauf doctrinale. Et elle ne devient aisément nôtre que par ce que sont les conditions de la seule bonne amplitude qui puisse permettre de garder le sens de nos propres repères, ceux qui balisent nos mémoires et nos désirs, nos deuils et nos amours, comme ceux qui renseignent nos avenirs fragiles ou nos espoirs incertains…

 

… Abad en effet ne propose pas l’aléatoire – même s’il accepte la beauté de l’errance, mais la reconnaissance des territoires de vérité. Il sème dans celle-ci des signes (épures des traits, courbes, ellipses, jeux d’ombres et de lumières, palimpsestes colorés). Personne peut être n’est aussi peintre qu’Abad mais surtout il est l’un des rares à ne peindre que ce qui aujourd’hui peut l’être sans ajouter à la mystification générale des images, ni à la prétention obscène du jeu de leurs disparitions...

 

… Peindre pour Abad c’est tout cela . C’est peindre juste et fort. C’est accepter au nom des cercles qu’il propose la mise en danger constante et nécessaire pour être, toile après toile, plus incisif, plus vrai pour nos imaginaires, plus utile pour ses compagnons de bulle. Il n’y a pas d’emphases, pas de trucs, pas de redites, pas de flous, dans son œuvre. Ce qui est dit est dit par ce que cela devait l’être. C’est l’enfin advenu des territoires ouverts. Désormais il n’y a plus leçons à recevoir, le cœur et la raison ont déjà tout appris . Et nos regards savant ce qu’ils lui doivent .

 

Extrait de : « Claude ABAD ou de quelques leçons aimables pour nos regards maladroits » de Daniel BÉGARD : http://www.documentary-art.net/tag/watch-now.php?&ref=230


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