Catherine Hachon

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vit et travaille à Nîmes


" Lorsque Catherine Hachon énonce ses raisons de faire de la peinture, elle dit que c’est un langage libre auquel participent le corps tout entier, la respiration, le désir ; elle ajoute que ce langage n’est pas forcément d’actualité et elle compare sa réception à celle du « poil » dans notre époque.

Comparaison inusitée mais combien pertinente: quelque chose qui démange, n’est pas seyant, mais érotise… La peinture énonce souvent ce que les mots n’osent ou ne peuvent dire. Elle est, dans son mouvement de remise en cause permanente de ce qu’elle a précédemment accompli, un travail contre.                                                Catherine Hachon dit aussi qu’elle sait que « tout a été fait » : je n’en suis pas aussi sûr qu’elle, ni de la sempiternelle mort de la peinture, ressassée depuis des lustres et toujours remise à demain pour cause d’imprévu déboulant sur la scène.

Des blagues ! Mais peindre, comme elle le fait, sans rien attendre de l’Histoire

(de l’art), et en y investissant sa vie est un drôle de pari. Il fallait que la richesse de ce pari soit soulignée, avant de dire que la peinture de Catherine Hachon n’est pas agréable. Comme, et parfois plus encore que les peintures à l’huile qui les précèdent, les grandes aquarelles montées sur châssis qu’elle vient de réaliser sont un magma de formes informes qui virent sans cesse, du composé au déconstruit, du peint avec maestria au disgracieux.  Sur l’une d’elles, les grandes taches bleues ont coulé - littéralité du médium : l’aquarelle, c’est de l’eau avec un peu de couleur, on pourrait être en pleine illustration du modernisme Greenbergien- mais quelque chose d’énorme surgit là en bas, inconvenant, maladroit, lourd. Dans cette peinture qui pourrait être aussi la démonstration d’un vif talent d’aquarelliste, apparaît un élément discourtois, malvenu, un bloc, une figure. Peinture abstraite? Non, et pas figurative non plus, mais traversée par de l’incongru, de l’inattendu. C.Hachon dit son  besoin que le tableau semble traversé. Il l’est. Qu’il soit comme une scène , sur laquelle se précipitent des objets picturaux.

 Il y a dans ce travail de l’inconvenance, des éléments non assortis : j’ai pensé, devant une petite peinture verticale, bipartie et tachée maculée gesticulée de bleus sombres noués ensemble à un portrait de Berthe Morisot par Manet. Un tableau vertical, coupé en deux par l’ombre sur le visage, et troué d’un noir profond comme il les sait. Paul Valéry disait ne rien mettre au dessus de ce tableau là. Le noir y est gravement indigeste. Percevoir un caractère similaire dans les peintures et les aquarelles de C.Hachon m’incite à penser qu’elle est peintre.

Dans une Huile sur toile, d’un format vertical assez allongé, datant de 2009, C.Hachon a travaillé sur le fond écru de la toile, préparé à la colle. Un grand nuage vertical dans le bleu duquel la brosse a tourbillonné rappelle le Polke « outremer » que l’on voit dans la collection du musée Nîmois. Mais une ligne droite bleu outremer foncé, large et énergique- un geste virulent- s’y superpose, qui pourrait citer Kimber Smith. Ailleurs, trois formes en aplat, découpées comme aux ciseaux-et l’on devine à qui je pense- mais remplies d’une peinture pleine de matière et de mouvement : les contraires se mêlent. Le bas de la toile est éclaboussé du même bleu que plus haut, mais aquarellé, liquide, incontrôlé, sans travail apparent. Les « mais » sont importants : ils énoncent un caractère récurrent du travail de Hachon. Les références nomment une culture picturale, un savoir-vu, une histoire dans laquelle elle s’inscrit et qu’elle assume ; les « mais »sont sa part de vérité, ce qui nous permet de voir que son travail et son désir se mêlent sur le support de son choix à une aventure connue, partagée, millénaire, et que ce mélange n’est pas univoque, qu’il admire sans adhérer, et grince.                                      Ce grincement, qui pourrait devenir un vacarme assourdissant, est à la source de l’art de Catherine Hachon."

 

                                   Stéphane Bordarier   

 

 

Diplômes

1983 : DNAP, École des Beaux-arts de Nîmes

1987 : DNSEP, École des Beaux-arts de Nîmes

 

 

Activités professionnelles et personnelles (sélection)

Depuis 1999 : Enseignante à l’ATEC, école de restauration de tableaux, Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) ;

Depuis 2005 : Élève au Conservatoire de Nîmes en classe de contrebasse et au chœur de femmes dirigé par Laura Celeski ;

De 1995 à 2002 : Membre actif de l’association Coïncidence, Nîmes (organisation de manifestations culturelles régionales) ;

De 1993 à 2000 : Guide-conférencière à Carré d’art-Musée d’art contemporain, Nîmes (Gard).

 

 

Expositions personnelles (sélection)

2009 : Galerie La Tangente, Marseille (Bouches-du-Rhône) ;

2007 : Galerie d’art Isidore Rollande, Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) ;

2005 : Bienvenue à bord, Nemausus, Nîmes (Gard) ;

1997 : Galerie Éloge de l’ombre, Uzès (Gard).

 

 

Expositions collectives (sélection)

2002 : Traverses, Château de l’Empéri, Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ;

2000 : Galerie HD Nick, Aubais (Gard) ;

            Artiste invitée de l’association Carnet d’art, Orangerie d’Hyrouère (Yonne) ;

            Présentation du recueil Hydravion, Galerie Philippe Panetier, Nîmes (Gard) ;

1999 : Grands Bains Douches de La Plaine, Marseille (Bouches-du-Rhône) ;

            Galerie des Arènes, Nîmes (Gard) ;

1997 : Point of Contact, Sélection de Triangle Artist’ Workshop, New York (USA) ;

1996 : Midi Pile, Salon de Montrouge (Paris) ;

1993 : Kultur on Tour, Exposition itinérante en France et en Allemagne organisée par                                         la Région Languedoc-Roussillon et le Land Rhein-Neckar-Kreis.

 

 

Résidences et collections

1997 : Workshop, Triangle, New York (USA).

Résidente du «Triangle Artist’s Workschop » à New York en 1997,…selected by Michael Chisolm and karen wilkin for « Points of Contact », « a lovely Gustonesque abstraction, by Catherine Hachon, FR » p.16  -The New Yorker-,

 

Musée de Heidelberg (Allemagne) ;

Collections privées (Fougères, Lyon, Nîmes, Paris).

 


huile sur toile

huile sur toile

huile sur toile

huile sur toile

aquarelle sur papier

aquarelle sur papier