Catherine Fayard Lhérault

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Vit et travaille à Montpellier


Site web : http://www.catherine-fayard.fr

 

Noir- Sévère, 2010

 

Le panorama du ciel contemporain nous amène à considérer autrement la question du paysage qui m’occupe l’esprit depuis longtemps. Dans les dessins précédents mon objectif etait de travailler sur le dynamisme et le modelé insaisissable des nuages.  J’ai cherché également à structurer l’espace aérien en y introduisant les changements architecturaux contemporains paysagers ou urbains, car ils apportent une rigidité complémentaire à ce monde fluide et mouvant.

 

Récemment le nuage de cendres volcaniques islandais, abondamment photographié par les médias, nous a présenté une vision d’apocalypse. Les conséquences de cet événement ont été énormes  bloquant  pendant un temps le trafic aérien, les images  fournies par les medias ont provoqué des sensations visuelles intenses. J’ai voulu en faire le sujet de ce travail. Ainsi  le ciel a pris une autre dimension, il est devenu le fondement même de cette recherche. Pour cela j’ai tenu compte de mes recherches graphiques précédentes, ainsi que des gravures faites cette année ou j’ai pu prendre la mesure et l’importance de la présence de la couleur noire et la difficulté de la transformer en lumière. « Le fond, le noir doit être vivant! »  Manet

Mine de plomb, charbon de bois, fusain, graphite, noir de fumée, noir de charbon, noir de bitume, manière noire, autant de termes pour designer et nourrir le travail.  Le noir devient ainsi véritablement un champ d’expérimentation.

 

Au traitement du noir, synthèse ou absence de couleurs et devant l’importance radicale de cette masse sombre s’est ajouté un questionnement autour de l’infini et la notion d’abyme en peinture « la profondeur étrangère » Mallarmé. Dans ce dytique le nuage envahit l’espace, c’est un mur noir, frontal, qui laisse entrevoir une fine perspective à son tour  écrasée par le mur des montagnes enneigées.

Ces nouveaux paysages peuvent ils encore prendre une dimension esthétique, poétique? Quelles sont les influences, les conséquences sur notre perception?

 

Ces réflexions nourrissent mon travail et me permettent d’avoir un regard sur l’évolution du monde qui m’entoure afin de l’observer en témoin sensible de notre réalité, comme une conscience qui aiguise la sensibilité, mais aussi comme moyen d’accéder à davantage de connaissances.

 

C. Fayard Lhérault

 

 

"Déterminer l’organisation d’un espace pictural.

 

Appréhender la planéité de la toile tendue sur le châssis,

la préparer à recevoir les substances déversées.

 

Contrôler le flux,

entraîné par la loi de la pesanteur

au fur et à mesure de son expansion plus ou moins fluide.

 

Rechercher une tension équilibrée entre la présence du fond,

les rapports colorés et les formes qui s’en imprègnent;

assister à cette fusion chromatique unifiant la surface,

en percevoir le spectacle.

 

Faire advenir la transparence, l’émergence,

la profondeur, envisager la peinture à sa source.

Attendre ce qui apparaît dans sa singularité,

composer avec l’aléatoire.

Eviter le surplus d’interventions

afin de laisser libre cours aux propriétés

et aux exigences du médium.

 

Accepter l’étrangeté de ces modulations

et leur pouvoir de séduction optique

tout en multipliant les propositions d’espaces."