Astrig Boissier

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Née en 1954

Ecole Supérieure d'Arts Appliqués.

Travaille en dessin et gravure dans l'industrie textile à Lyon.

En 1982 installation dans le Gard et création avec Jacques de la Miellerie de Clairan.

 

Astrig Boissier et la proximité des lointains

 

Les derniers développements des recherches picturales d'Astrig Boissier nous confrontent à des images que, de prime abord, l'on prendrait volontiers pour des photographies (sans doute y a-t-il quelque raison à celà), du moins, celles qui témoignent des toutes premières tentatives de Nicéphore Niepce.

Ou bien encore, celles qui appartiennent à la série des "Equivalences" (1923-1932) d'Alfred Stieglitz. Et puis, à les regarder avec "l'attention flottante" qu'elles requièrent, elles finissent par livrer - au travers des nappes de charriage de leur engendrement - quelques-uns des mystères de leur façon picturale. On y décèle alors la présence diffuse d'une double remémoration. Celle des paysages qui, dès l'enfance ont engrammé le regard de l'artiste, imprégnation latente mais rémanente qui finit par resurgir et se manifester dans ce travail de recouvrement couche sur couche, puis de grattage et d'effacement, qui caractérise la manière picturale d'Astrig Boissier.

Palimpseste de regards d'enfance captivés par les lueurs incertaines des crépuscules matutinaux ou vespéraux. Mais simultanément, remémoration de deux des inventions les plus riches de l'histoire de l'art de la renaissance Flamande et Italienne - celles de la vedute et de la perspective aérienne qui, en nous "prenant par l'oeil" (comme l'on dirait : "prendre par la main") conduisent notre regard de plan en plan jusqu'au fond du tableau. Ici, Astrig Boissier nous invite à "toucher des yeux" ces lointains bleutés, ces étendues glauques, ces buissons ombreux que sont l'art a, pour nous, ramenés à proximité de notre intimité sensible.